Le Siphon ׀ Calendrier et Production
Le GENRE
Suite à nos résidences successives, nous avons dressé trois axes de travail : le polar, la tragédie et le clown.
Le polar, genre populaire s’il en est, est le poumon des fantasmes d’héroïsme, des rêves de justice face à nos humiliations quotidiennes, avec un penchant certain pour la critique sociale. Il pose juste un petit problème : en général, au théâtre ça ne marche pas vraiment, du coup c’est très excitant, non ?
La tragédie (considérée souvent comme la mère du polar) parle beaucoup de la famille, lieu de violence par excellence quand elle s’exprime. Le chœur sera un personnage central dans cette aventure et s’incarnera de trois manières :
- le chœur des passants, un ballet de gens « normaux » qui dessine à lui tout seul l’espace dans lequel se déroule l’intrigue ;
- le chœur des « punk à chiens », les « wawachs ». On ne les prend pas vraiment au sérieux, leur arrivée dans la rue n’est pas le fruit d’une déchéance sociale. Souvent par terre, en dehors du temps, ils sont les spectateurs et les critiques du ballet. Ce chœur sera notre « vox populi », une sorte de Diogène témoin de notre temps et des intrigues ;
- le chœur des chiens (masqué), Erinyes des temps modernes, récurrence de la violence.
Les clowns incarnent à eux seuls la relativité de la violence. Une tarte dans la gueule, pour nous c’est drôle, pour le personnage, moyennement. On sait, à ce stade du travail, qu’on ne verra pas de clowns dans ce spectacle, mais ils auront très clairement laissé leur empreinte…
L’ÉCRITURE
Aurélien Rousseau (déjà co-auteur de Traces…, le parcours de « Boucle d’or », « Lepère Immobilier », c’est lui) écrit entièrement le spectacle au fur et à mesure de l’avancement du travail et de nos recherche, pour être au plus près du travail du plateau. Ce va-et-vient entre lui et nous se construit comme une enquête policière dont on ne connaît que depuis peu l’issue… Une sorte d’aventure à la Brazil qui partirait d’un « petit rien du tout » pour s’embarquer dans un engrenage aussi implacable que Le Vieux Fusil. Et la poésie dans tout ça ? Et l’onirisme ? Peut-être dans ce petit côté « fleur bleue » inhérent à la violence, un peu comme dans La Vida Loca (reportage sur les gangs à San Salvador) où on voit une bande de « molosses », qui, pour se sortir de la spirale de la violence et retrouver un honneur bafoué, ont monté une boulangerie-pâtisserie. La bouffée d’air du spectacle ressemblera à ces gros doigts fabriquant de tout petits gâteaux…
L’UNIVERS
Le Métro. Tout se passerait là. Sous terre, dans cette matrice, ce refuge, ce Babel, ce poumon, cette souricière. Une atmosphère moite dans laquelle une ville monde se réorganise : on y voit des commerces, un labo qui vient de s’ouvrir, le monde du travail qui passe, ceux qui font la manche… bref, un ballet de la comédie humaine. Et qui n’a pas rêvé d’une grande aventure qui commencerait là, juste avant la fermeture des portes, ou de pousser quelqu’un, juste pour voir…? Le métro, c’est la mort à portée de main…
L’ÉQUIPE
Ben ça en fait du monde. Dix acteurs (la grande équipe au complet plus une nouvelle recrue, le ballet du métro, les foules et les choeurs existent !) plus 2 techniciens (qui vont certainement jouer), plus les costumières, le sondier, les constructeurs, les administrateurs, nous voilà 23 pour une nouvelle aventure… et plus si affinités…
La SCÉNOGRAPHIE
Voilà un beau défi. Comment faire un métro, sans faire un métro ? On a récupéré une serre agricole, des sangles, et puis voilà… juste avec des lignes et des courbes qui envahissent l’espace public, on recrée une sensation de moiteur souterraine en salle comme à l’extérieur. On voudrait juste rendre ça suffisamment aseptisé pour mettre en valeur les personnages hauts en couleurs. On parle même de vidéoprojection…
Les HISTOIRES, ou une HISTOIRE ?
Disons qu’on travaille sur un mouvement général plus que sur une histoire à proprement parler. Ce sera un panel d’histoires qui vont s’entrecroiser dans cette machine infernale. Il y a certainement trop de choses à dire pour qu’on les regroupe artificiellement. On y croisera un chauffeur de métro qui refuse obstinément de changer de ligne, une fille qui tue pour donner un sens à la mort de son père, un ancien taulard qui fait du crochet, une prostituée amoureuse, un commissaire qui ne cherche pas grand chose, des amours instables et des chiens tout droit sortis des enfers… Bref, une cinquantaine de costume…










