LE SIPHON

d’Aurélien Rousseau. Mise en scène de Ximun Fuchs.

 

 

 

 

Le Siphon c’est un polar avec un curieux parfum de tragédie et des relents d’opéra-bouffe : un grand n’importe quoi. Une plongée en eaux profondes, noires et froides. Ça saigne, ça rit, ça fait peur comme dans une fête foraine. On est aspiré. Ce n’est pas la peine de résister: à quoi sert de pleurer ou de s’en vouloir, de toute façon rien ne pourra racheter le geste qu’on vient de faire. On descend au cœur de la bête : une bouche de métro, disparition des écrans radars. Heure de pointe dans une rame. Dans la vraie vie, si vous étiez collé d’aussi prêt à une femme ce serait pour la saisir et l’aimer intensément. Un volcan de fantasmes… refoulés… enfin la plupart du temps, car des fois, on passe à l’acte. Mais qu’est-ce qu’ils ont ces punks à chien à tout commenter avec leurs phrases à la con ? Oui, j’ai une tête de malade et d’assassin et il y a une raison à ça, c’est que j’en suis un. Je me suis engouffré dans une aventure à la Brazil, « un petit rien du tout » a dérapé et je me retrouve embarqué dans un engrenage aussi implacable que Le Vieux Fusil.

Crédit photos : Djeyo/Le clou dans la planche, Pascal Fellonneau & Guillaume Méziat

Et la poésie dans tout ça ? Et l’onirisme ? Ca ne se voit pas tout de suite, comme ça au premier coup d’oeil mais j’ai un petit côté « fleur bleue ». Et puis je ne suis pas tout seul, il y a aussi un chauffeur de métro qui refuse obstinément de changer de ligne, une fille qui tue pour donner un sens à la mort de son père, une mère brisée par la honte, une prostituée amoureuse, un commissaire complètement perdu, des amours instables et des meutes chiens errants… Bref, une cinquantaine de costumes pour dix acteurs…Mais non ce n’est pas violent, ou alors, dis-moi ce qui est violent pour toi et je te dirai qui tu es. Comment ça c’est gratuit ? Moi je veux bien faire autre chose, mais c’est quoi au juste le contraire de « la violence gratuite » ?

 

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